Les non-demandes en mariages

 Ils se sont dit non à Montmartre 

Une cinquantaine de couples ont participé aux non-demandes en mariage de la 77e édition de la fête des vendanges.

Photo souvenir avec le maire, Daniel Vaillant

« J’ai l’honneur de ne pas demander ta main. Ne gravons pas non noms au bas d’un parchemin. » C’est sur ces paroles de la chanson de Georges Brassens, la non-demande en mariage, que cinquante-et-un amoureux sont devenus fiancés pour l’éternité. Ils se sont retrouvés dimanche place des Abbesses, à Montmartre, dans le cadre de la 77e édition de la fête des vendanges. Il fallait y penser à transposer la chanson du célèbre chanteur à la réalité. C’est à Marie-Rose Guarniéri, la libraire du quartier des Abbesses que revient ce mérite. Daniel Vaillant, le maire du 18e arrondissement, a tout de suite été emballé. Et il n’a pas été le seul. Depuis quatre ans, l’événement attire. La liste d’inscrits ne désemplit pas. Les spectateurs se massent autour des amoureux pour assister à cette célébration mi-loufoque, mi-sérieuse. Tout commence par la préparation de ces dames. Un mini salon de coiffure baroque a été tout spécialement installé. Ou plutôt, le salon de l’artiste Christophe Pavia. Sa troupe de théâtre de rue, la compagnie Salut l’Artiste, a posé ses valises le temps de l’événement. Coiffures extravagantes et hautes en couleur sont au menu. Les cheveux accueillent rubans, fougères, fleurs, tissus, paille, et objets en tout genre, le tout fixé par un peu de laque et beaucoup de génie. Puis le maire arrive et les couples attendent solennellement leur tour sur le tapis rouge.

Emotions garanties

Tatiana et Caïque

A chaque couple d’aborder cette fausse union comme il souhaite. « Certains ne respectent pas le pacte, s’amuse Daniel Vaillant, mais ne nous n’allons pas leur en tenir rigueur. » Un autel improvisé a été érigé au milieu de la place, à l’ombre des arbres baignés par le soleil de l’été indien. Le maire n’est pas à court de plaisanteries pour personnaliser chaque demande. Les couples viennent de différents arrondissements de Paris, de différents départements, voire de différents pays. Jeunes, vieux, à deux ou même à trois, en habit du dimanche ou en jeans, on rit, on s’amuse, mais on s’attendrit aussi. « C’est fun, mais c’est émouvant », témoigne une ex non-mariée. Certains prévoient même des alliances. Ou des confettis. Ou même toute une fanfare. « On a amené tous les musiciens qui voulaient bien se lever pour 10 heures» raconte Tatiana, enceinte de neuf mois, qui vient de se « non-marier » avec Caïque. « On répare en quelque sorte la bêtise de monsieur ! ». Tatiana et Caïque ne veulent pas se passer la bague au doigt. Ils préfèrent rester fiancés pour la vie. Si certains ne prennent pas au sérieux cette cérémonie, d’autres la voient comme un engagement symbolique. Cinquante-et-une non demandes plus tard, les humoristes Océane Rose Marie et le Comte de Bourderbala viennent assurer le show. La journée se termine par le bal des non-mariés, et la clôture de la fête des Vendanges. Rendez-vous l’année prochaine.

Elodie Corvée

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Reportage de la télévision allemande qui a aussi interrogé Tatiana et Caïque: http://www.zdf.de/ZDFmediathek/beitrag/video/1161354/Paris:-Kraftvolles-Nein-zum-Ja-Wort/#/beitrag/video/1161354/Paris-Kraftvolles-Nein-zum-Ja-Wort

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