Publicité télévisuelle pour la « Nissan Juke Crossover »

Le nouveau modèle du constructeur japonais a pointé le bout de son nez sur nos écrans dans un mini-clip digne d’un film d’Hollywood.

Nissan ne lésine jamais sur la qualité de ses campagnes publicitaires, notamment télévisuelles. Effets spéciaux et concepts bétons sont toujours au rendez-vous. Son tout nouveau bébé, le mini 4X4 dénommé Juke, bénéficie sans doute du meilleur spot réalisé jusqu’à ce jour par le concessionnaire. Petit synopsis :

Un 4X4 compact très stylisé roule de nuit dans une cité endormie. L’énergie qu’il dégage est tel qu’il provoque des dysfonctionnements en tous genres. Les lumières des immeubles s’allument comme par magie, des jouets électroniques s’animent derrière une vitrine de magasin, les machines à laver d’un lavomatique se mettent à tourner… le tout se termine par un feu d’artifice, dans une ville totalement illuminée, prête à faire la fête.

Nos yeux s’émerveillent, tels ceux des cinéphiles en train d’admirer les prouesses technologiques du dernier blockbuster. Tournée en haute définition, la publicité intitulée Stay awake  a mobilisé les équipes de Mikros image, agence spécialisée dans la fabrication des effets visuels. Le résultat est à la hauteur. Rares sont les publicités où l’on voit un tel enchaînement de plans tous aussi travaillés les uns que les autres. Les jeux de lumière léchés et la beauté des objets filmés en font un petit bijou de création artistique. Le tout couronné par une voix envoûtante, celle de Fredrika Stahl, sur la chanson Twinkle, twinkle, little star. Une pratique devenue presque obligatoire pour tout publicitaire qui se respecte de s’approprier de réels morceaux de musique censés capter davantage l’attention du public visé.

Un 4X4 au féminin

On est donc loin de ces spots publicitaires agaçants et agressifs, banals au possible. On est tellement époustouflé par les jeux de lumière et la créativité des innombrables plans qu’on en oublierait presque le produit lui-même. Nissan semble avoir relevé le défi qu’il s’était assigné : redorer le blason de ces 4X4 coûteux passés de mode à la fois par les difficultés économiques de ces derniers temps et la nouvelle veine écologique. Le 4X4 à la Nissan se veut urbain, discret et féminin. Car si la jeunesse semble visée par cette campagne télévisuelle, le constructeur automobile a plutôt choisi de s’adresser en priorité aux femmes. Des études récentes ont montré que ce sont elles qui, dans le couple, influencent l’achat d’un nouveau véhicule. Les publicitaires de chez Nissan ont donc misé sur la finesse, la subtilité, la douceur, allant même jusqu’à ajouter quelques touches de lumière rose. Sans oublier le rouge carmin qui habille la carrosserie de la Juke, là où on a l’habitude de voir du noir ou du gris anthracite.

Avec cette prouesse technique et visuelle, les dirigeants de Nissan montrent à quel point ils ont les moyens de s’offrir une telle visibilité sur le marché. Leurs précédentes réclames nous avaient déjà habitués à une telle qualité des images. Notamment celle du grand frère de la Juke, le Qashqai urbanproof, où ce dernier échappait à la folie d’immeubles animés déterminés à avoir sa peau. Si l’on reste parfois dubitatif au pouvoir que la publicité peut avoir sur la consommation, le Qashqai a prouvé que qualité publicitaire rime avec succès commercial. La Juke semble donc promise à un bel avenir.

Elodie Corvée

Publicités

La genèse de Facebook vue par Hollywood

Plongée dans l’univers du créateur du plus grand site communautaire de l’histoire d’Internet


Pour se venger de sa petite amie qui vient de le larguer, un petit génie en informatique utilise ses talents pour pirater en une seule soirée le réseau intranet de son université, la prestigieuse Harvard. Il récolte la base de données de toutes les filles du campus et la publie en ligne. Son nom est Mark Zuckerberg et il vient d’apporter sa première pierre à l’édifice Facebook.

Tout le monde connaît ce réseau social à l’histoire peu reluisante. Surtout depuis que son créateur, plus jeune milliardaire au monde, a fait la une des journaux pour avoir été accusé de plagiat. Mais jusque là nous avions vu un Zuckerberg très jovial, toujours prêt à défendre sa merveilleuse entreprise. Or le film tend à montrer ses défauts et ses faiblesses. Véritable « nerd » en manque de reconnaissance, Zuckerberg semble incapable de créer de véritables relations amoureuses et amicales avec les gens qui l’entourent. Il croit vainement pouvoir apporter une réponse à ses problèmes avec Facebook, symbole même de la sociabilité.

Le film s’inspire de la biographie non officielle de Mark Zuckerberg, La Revanche d’un Solitaire, écrite par Ben Mezrich et publiée en juillet 2009. Hollywood n’a pas tardé pour s’emparer de cette success-story du 21e siècle digne d’un scénario à Oscar. C’est le talentueux Aaron Sorkin, scénariste de la série A la Maison Blanche, qui fut chargé de mettre en répliques l’histoire invraisemblable du créateur de Facebook. Les dialogues sont ce qui fait de The Social Network un film réussi. Elles fusent dans tous les sens, enflammées et cinglantes, essoufflant personnages et spectateurs. Les mots sonnent justes et sont savamment orchestrés, preuves de la virtuosité romanesque de Mr Sorkin. Quant à la réalisation, elle a été confiée logiquement à David Fincher. Le réalisateur de Seven, The Game, Fight Club, ou encore l’Etrange Histoire de Benjamin Button, s’est fait une spécialité de transformer ses films en une peinture de la solitude de ses personnages.

Un spectateur mis à contribution

Le film tourne autour des deux procès intentés à Zuckerberg. D’un côté, Eduardo Saverin, ex-meilleur ami et co-fondateur de Facebook, tente de préserver sa part initiale dans les actions de l’entreprise. D’un autre côté, les jumeaux Winklevoss, étudiants de Harvard, revendiquent la paternité du projet. Le récit est totalement déconstruit, on navigue entre passé lointain, passé proche et présent, les deux procès servant de ponts entre les différentes réalités, les différents points de vue. Car les procès permettent au film de raconter l’histoire à travers le prisme des plaignants, laissant au spectateur, tel un juré, le choix d’analyser la situation par lui-même. Mais le risque est de le perdre dans la chronologie des évènements. Surtout lorsqu’à mi-chemin, le film s’essouffle, peinant à retrouver le dynamisme du début, à l’image de son personnage qui se retrouve empêtré dans une grosse machine dont il n’a plus réellement les commandes. Une grosse machine qui, ironie de l’histoire, laissera son créateur plus esseulé que jamais.

Film américain de David Fincher, avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield, Armie Hammer (2h00.)

Portrait Sébastien Gokalp

L’art et l’exigence

Cet artiste agrégé d’histoire est devenu depuis peu conservateur de patrimoine au Musée d’art moderne de la ville de Paris

Sébastien Gokalp est un homme très occupé. Il faut dire que son travail l’accapare de toute part quand une exposition voit le jour. Dernière en date : Kiss the Past Hello, une rétrospective de Larry Clark. L’interdiction aux mineurs d’admirer les clichés « sexe, drogue et rock’n’roll » du photographe fait grand bruit dans les médias. Et semble remplir les salles du musée. Sébastien Gokalp s’avoue surpris par cet engouement : « On a avait prévu trois cents visiteurs par jour. On est à mille huit cents. » Surpris également par la polémique : « La décision d’interdire l’expo aux mineurs a été prise justement pour éviter trop de remous. » Une légère fatigue se ressent sur ses traits face à toute cette agitation médiatique. Bien qu’il regrette les attaques des opposants à l’interdiction, Sébastien se satisfait du succès de l’exposition. « Le rôle du musée est de diffuser de l’art. Notre mission est accomplie. Par ailleurs, l’ambiance au sein des visiteurs est plutôt très attentive

Un cv bien rempli

Né en 1970 à Neuilly-sur-Seine de parents démographe et ethnologue, Sébastien Gokalp n’a pas chômé pour se faire une place dans ce milieu très convoité des conservateurs de patrimoine. Pour ce féru d’art moderne et contemporain, travailler au Musée d’art moderne (MAM) était une évidence. En deux ans, il a déjà réussi à poser sa marque au sein du musée. D’abord par une première exposition exigeante sur un « regard », celui de Bernard Lamarche-Vadel, critique d’art, mort en 2000. Et une seconde, celle de Larry Clark, toute aussi exigeante, car en collaboration avec le photographe lui-même.

S’il a pu faire des choix plus personnels lors de sa première exposition, Sébastien s’est complètement mis en retrait pour la seconde. Son but ? « Mettre en valeur, faire exprimer les œuvres, sortir le maximum de potentiel d’un artiste ». Travail exigeant donc, et très prenant, mais notre homme en a les épaules toutes faites. A la fois agrégé d’histoire et diplômé des beaux arts, Sébastien a embrassé la carrière d’artiste en même temps que celle d’enseignant d’histoire avant d’opérer un virage complet de carrière. Enfin, pas si complet que ça. L’histoire et l’art se concilient encore mieux dans sa nouvelle profession.

Après avoir passé avec succès le concours des conservateurs du patrimoine et suivi une formation d’un an et demi, le voilà en train de nager comme un poisson dans l’eau dans sa toute nouvelle fonction. Ce n’est pas pour autant qu’il prend la grosse tête. Choix vestimentaire décontracté, voix calme et posée, modestie des propos, le jeune quarantenaire aborde sa carrière naissante avec mesure. Nouvelle envie, nouvelle passion et un certain épuisement artistique, tels sont les mots qui sortent de sa bouche pour expliquer son tournant professionnel. « Le fait de travailler dans un musée me permettait de prendre en compte beaucoup plus de problématiques, de questionnements que j’en trouvais dans mon propre travail. » Il n’a pas été déçu car des problématiques, il en a rencontrées pour l’exposition Larry Clark. Et il a encore une belle carrière devant lui pour en expérimenter d’autres.

Elodie Corvée