Portrait Sébastien Gokalp

L’art et l’exigence

Cet artiste agrégé d’histoire est devenu depuis peu conservateur de patrimoine au Musée d’art moderne de la ville de Paris

Sébastien Gokalp est un homme très occupé. Il faut dire que son travail l’accapare de toute part quand une exposition voit le jour. Dernière en date : Kiss the Past Hello, une rétrospective de Larry Clark. L’interdiction aux mineurs d’admirer les clichés « sexe, drogue et rock’n’roll » du photographe fait grand bruit dans les médias. Et semble remplir les salles du musée. Sébastien Gokalp s’avoue surpris par cet engouement : « On a avait prévu trois cents visiteurs par jour. On est à mille huit cents. » Surpris également par la polémique : « La décision d’interdire l’expo aux mineurs a été prise justement pour éviter trop de remous. » Une légère fatigue se ressent sur ses traits face à toute cette agitation médiatique. Bien qu’il regrette les attaques des opposants à l’interdiction, Sébastien se satisfait du succès de l’exposition. « Le rôle du musée est de diffuser de l’art. Notre mission est accomplie. Par ailleurs, l’ambiance au sein des visiteurs est plutôt très attentive

Un cv bien rempli

Né en 1970 à Neuilly-sur-Seine de parents démographe et ethnologue, Sébastien Gokalp n’a pas chômé pour se faire une place dans ce milieu très convoité des conservateurs de patrimoine. Pour ce féru d’art moderne et contemporain, travailler au Musée d’art moderne (MAM) était une évidence. En deux ans, il a déjà réussi à poser sa marque au sein du musée. D’abord par une première exposition exigeante sur un « regard », celui de Bernard Lamarche-Vadel, critique d’art, mort en 2000. Et une seconde, celle de Larry Clark, toute aussi exigeante, car en collaboration avec le photographe lui-même.

S’il a pu faire des choix plus personnels lors de sa première exposition, Sébastien s’est complètement mis en retrait pour la seconde. Son but ? « Mettre en valeur, faire exprimer les œuvres, sortir le maximum de potentiel d’un artiste ». Travail exigeant donc, et très prenant, mais notre homme en a les épaules toutes faites. A la fois agrégé d’histoire et diplômé des beaux arts, Sébastien a embrassé la carrière d’artiste en même temps que celle d’enseignant d’histoire avant d’opérer un virage complet de carrière. Enfin, pas si complet que ça. L’histoire et l’art se concilient encore mieux dans sa nouvelle profession.

Après avoir passé avec succès le concours des conservateurs du patrimoine et suivi une formation d’un an et demi, le voilà en train de nager comme un poisson dans l’eau dans sa toute nouvelle fonction. Ce n’est pas pour autant qu’il prend la grosse tête. Choix vestimentaire décontracté, voix calme et posée, modestie des propos, le jeune quarantenaire aborde sa carrière naissante avec mesure. Nouvelle envie, nouvelle passion et un certain épuisement artistique, tels sont les mots qui sortent de sa bouche pour expliquer son tournant professionnel. « Le fait de travailler dans un musée me permettait de prendre en compte beaucoup plus de problématiques, de questionnements que j’en trouvais dans mon propre travail. » Il n’a pas été déçu car des problématiques, il en a rencontrées pour l’exposition Larry Clark. Et il a encore une belle carrière devant lui pour en expérimenter d’autres.

Elodie Corvée

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