La genèse de Facebook vue par Hollywood

Plongée dans l’univers du créateur du plus grand site communautaire de l’histoire d’Internet


Pour se venger de sa petite amie qui vient de le larguer, un petit génie en informatique utilise ses talents pour pirater en une seule soirée le réseau intranet de son université, la prestigieuse Harvard. Il récolte la base de données de toutes les filles du campus et la publie en ligne. Son nom est Mark Zuckerberg et il vient d’apporter sa première pierre à l’édifice Facebook.

Tout le monde connaît ce réseau social à l’histoire peu reluisante. Surtout depuis que son créateur, plus jeune milliardaire au monde, a fait la une des journaux pour avoir été accusé de plagiat. Mais jusque là nous avions vu un Zuckerberg très jovial, toujours prêt à défendre sa merveilleuse entreprise. Or le film tend à montrer ses défauts et ses faiblesses. Véritable « nerd » en manque de reconnaissance, Zuckerberg semble incapable de créer de véritables relations amoureuses et amicales avec les gens qui l’entourent. Il croit vainement pouvoir apporter une réponse à ses problèmes avec Facebook, symbole même de la sociabilité.

Le film s’inspire de la biographie non officielle de Mark Zuckerberg, La Revanche d’un Solitaire, écrite par Ben Mezrich et publiée en juillet 2009. Hollywood n’a pas tardé pour s’emparer de cette success-story du 21e siècle digne d’un scénario à Oscar. C’est le talentueux Aaron Sorkin, scénariste de la série A la Maison Blanche, qui fut chargé de mettre en répliques l’histoire invraisemblable du créateur de Facebook. Les dialogues sont ce qui fait de The Social Network un film réussi. Elles fusent dans tous les sens, enflammées et cinglantes, essoufflant personnages et spectateurs. Les mots sonnent justes et sont savamment orchestrés, preuves de la virtuosité romanesque de Mr Sorkin. Quant à la réalisation, elle a été confiée logiquement à David Fincher. Le réalisateur de Seven, The Game, Fight Club, ou encore l’Etrange Histoire de Benjamin Button, s’est fait une spécialité de transformer ses films en une peinture de la solitude de ses personnages.

Un spectateur mis à contribution

Le film tourne autour des deux procès intentés à Zuckerberg. D’un côté, Eduardo Saverin, ex-meilleur ami et co-fondateur de Facebook, tente de préserver sa part initiale dans les actions de l’entreprise. D’un autre côté, les jumeaux Winklevoss, étudiants de Harvard, revendiquent la paternité du projet. Le récit est totalement déconstruit, on navigue entre passé lointain, passé proche et présent, les deux procès servant de ponts entre les différentes réalités, les différents points de vue. Car les procès permettent au film de raconter l’histoire à travers le prisme des plaignants, laissant au spectateur, tel un juré, le choix d’analyser la situation par lui-même. Mais le risque est de le perdre dans la chronologie des évènements. Surtout lorsqu’à mi-chemin, le film s’essouffle, peinant à retrouver le dynamisme du début, à l’image de son personnage qui se retrouve empêtré dans une grosse machine dont il n’a plus réellement les commandes. Une grosse machine qui, ironie de l’histoire, laissera son créateur plus esseulé que jamais.

Film américain de David Fincher, avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield, Armie Hammer (2h00.)

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