Expresso – le quotidien des étudiants de l’IFP

Voici les liens vers le quotidien de l’IFP, Expresso, que nous avons réalisé durant deux semaines, en plein cœur de l’actualité égyptienne. Pour moi, ce fut deux semaines de folie au service Culture

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Dernière note pour les petits labels

Il n’a jamais été facile pour les petits labels indépendants de se faire une place dans le monde impitoyable de l’industrie musicale. D’ailleurs, eux aussi sont touchés de plein fouet par la crise du disque. Le téléchargement illégal sur Internet et les sites de streaming ont inventé la gratuité de la musique. En conséquence, les labels n’arrivent plus à vendre et doivent se tourner vers la publicité et les produits dérivés pour tirer des sources de revenus suffisantes.

Les petites maisons de production ne disposent pas de ce genre de ressources et ont donc fait le choix de l’auto-financement. Label Bleu, Nocturne, Night and Day, Tripsichord… Tous ont dû mettre la clé sous la porte. La liste n’est pas exhaustive. Et ce ne sont pas les menaces, souvent non suivies d’effet de l’Hadopi qui permettront de colmater la brèche.

Producteurs de l’ombre

Ce mois-ci, c’est le label de reggae Makasound qui a fait ses adieux. Son co-fondateur, Romain Germa, a exprimé mercredi sa colère et son désarroi dans Libération. Son coup de gueule intitulé « Deezer, Spotify, Youtube et les autres m’ont tué », nous rappelle la triste réalité de ces labels qui meurent dans l’indifférence. Il explique : « Cela n’a jamais été facile pour nous. D’une manière générale, la plupart sont en situation de survie. Certains travaillent à côté.»

Le mythe des producteurs pleins aux as correspond plus à un fantasme qu’à la réalité de l’industrie musicale. Ces stars de la production musicale tels que Pascal Nègre appartiennent à une industrie qui ne produit que 5% de la création musicale. Dans l’ombre, il y a tous ces petits producteurs passionnés qui font des paris sur l’avenir.

L’aventure Makasound aura duré neuf ans. Romain Germa et son acolyte Nicolas Maslowski s’occupaient principalement de la vente et de l’exploitation des disques. Mais chaque année, «  les ventes baissaient systématiquement ». Découvreur de talents, Makasound avait réussi jusqu’ici à s’appuyer sur une poignée d’artistes bankables, tels que le groupe Java ou le chanteur Burkinabé Victor Demé. L’année 2010, moins prolifique, leur a été fatale.

« Après, même s’ils ont du succès, cela ne se transforme plus financièrement pour nous et pour les artistes car la musique est gratuite. On peut toujours se battre…», déplore Romain Germa. Du côté des artistes, la situation n’est pas plus réjouissante : « On cherche des solutions pour eux mais certains projets ne pourront pas sortir », regrette le producteur. Quant à la Hadopi, il avoue ne pas savoir si cela sera un outil efficace pour lutter contre le téléchargement illégal : « Hadopi aurait dû être mis en place bien avant. Cela fait dix ans que nous subissons cette situation. »

Elodie Corvée

Romain Germa et Nicolas Maslowski en juin 2009

Portrait: Olivier Giraud

L’humoriste qui monte

A Paris, Olivier Giraud est l’humoriste du moment. Chaque soir il fait salle comble sur les planches du petit théâtre de la Main d’Or avec son spectacle « How to become Parisian in one hour ». Souvenez-vous, il y a neuf ans, c’était Stéphane Guillon qui y faisait ses débuts. S’il ne souhaite pas devenir aussi célèbre que son prédécesseur, Olivier Giraud est en passe de détenir un record : depuis sa première représentation, plus de 50000 spectateurs sont venus applaudir ce jeune homme de 33 ans qui a pris le risque d’écrire entièrement son spectacle en anglais. Décliné en leçons de savoir-vivre parisien destinées aux touristes, ce sont pourtant les Français qui s’arrachent les places de son one-man-show.

Des plages de Floride aux planches parisiennes

Pourtant, rien n’était joué d’avance. Il y a cinq ans encore, il était manager d’un restaurant à Palm Beach. Après avoir fait un BTS Hôtellerie-restauration et envisagé la carrière de cuisinier, Olivier jette son dévolu sur le service et part aux Etats-Unis au début des années 2000. A l’époque, les Français ne sont pas les bienvenus sur le sol américain, guerre d’Irak oblige. Il reste pourtant cinq ans au pays de l’Oncle Sam. De retour en France, « ras-le-bol total ». Olivier ne veut plus passer dix heures par jour à demander aux clients si leur entrecôte leur convient. Il est temps de se jeter à l’eau et réaliser son rêve de gamin : faire rire les gens. « J’étais sûr que j’allais faire ça, un pressentiment. Mais tout le monde me disait “ non, tu ne peux pas faire humoriste, tu vas devenir SDF, il y en a trop qui veulent le faire “. Finalement, à l’âge de 28 ans, j’ai tout plaqué pour essayer ».

Un pied de nez à ses détracteurs

Les débuts furent difficiles. Son idée d’un one-man-show écrit dans la langue de Shakespeare ne séduisait pas. Essuyant refus sur refus, Olivier ne s’est pas découragé et a créé sa propre entreprise, « la French Arrogance Production », pour mettre son spectacle sur les rails. Le théâtre de la Main d’Or a été le seul à lui ouvrir ses portes. Après plus de 200 représentations, Olivier Giraud peut se vanter gentiment de son succès. Une fois le spectacle fini, c’est avec enthousiasme qu’il nous raconte son parcours depuis son retour des Etats-Unis, fier d’avoir donné tort à tous ceux qui ne croyaient pas en lui.

Elodie Corvée

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Une expo au parfum du Bénin

C’est l’histoire de deux journalistes globetrotteuses. Leila et Daphné ont vingt-quatre ans et des idées plein la tête. Plutôt tournées vers la radio, elles ont d’abord travaillé ensemble à Télé Sorbonne, une chaîne associative destinée aux étudiants parisiens. De collègues, elles sont devenues amies. Amies assez proches pour partir trois mois en Afrique, micro à la main, appareil photo autour du cou et un projet en tête : rencontrer des jeunes « aux expériences innovantes » L’objectif était de collecter dix portraits et revenir en France pour monter une exposition multimédia.

Direction le Bénin, où elles sont restées de juillet à septembre. « On lisait les journaux, on regardait la télévision, on écoutait la radio toute la journée. Dès qu’on entendait parler de quelque chose ou de quelqu’un, on notait et on passait des coups de fil. Puis on s’appelait pour se partager nos informations » se souvient Leila. Ensuite il s’agissait d’aller aborder les personnes concernées, de sympathiser avec elles et d’établir une relation de confiance pour qu’elles acceptent de témoigner.

Grâce aux subventions et au soutien de la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE) qui leur a prêté du matériel, Leila et Daphné ont pu collecter autant d’informations qu’elles souhaitaient. La technique faisant parfois défaut pour ces jeunes journalistes, tout leur contenu n’a pas pu être exploité. Mais elles se disent fières du résultat. Onze portraits de jeunes Béninois seront exposés à partir de demain à la MIE, chacun constitué de deux photos et d’un montage sonore.

Maintenant, il s’agit de monter une plateforme multimédia documentaire destinée à enrichir leur travail sur le web. Le but est d’y apporter de nouveaux portraits de jeunes « qui ont des envies, des rêves » afin de faire changer la vision que la société porte sur eux.

Elodie Corvée

Jusqu’au 19 février Maison des Initiatives Etudiantes, 50 rue des Tournelles, Paris (Proche de la Place des Vosges), par Daphné Gastaldi et Leila Beratto.