Les chauves-souris

 

 

Sur Fréquence Protestante (100.7 en région parisienne, à Beauvais et sur http://www.frequenceprotestante.com) dimanche 30 juillet 2011 à 13h

A l’occasion de l’année internationale de la chauve-souris et de la 15e édition de la nuit européenne de la chauve-souris

Avec Jean-François Julien, chargé du groupe Chiroptères d’Ile-de-France au sein de la SFEPM, la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères , et Julie Marmet, chargée de mission chiroptères au Museum d’Histoire Naturelle

http://www.frequenceprotestante.com/index.php?id=11&date=20110731&cHash=d76884c4e9

Stage au Monde

Du 1e au 30 juin 2011, au service Culture

Le Mécénat d’entreprise, indispensable ressort financier pour la culture

« Si on n’avait pas les entreprises, on ne pourrait pas faire tourner le festival ». Jacqueline Franjou, présidente du festival de Ramatuelle, ponctue chacune de ses interventions publiques par des remerciements à ses entreprises mécènes. Tous les ans, elle les sollicite pour financer près de la moitié du budget de son festival de variétés qui a lieu au mois d’août dans le petit village varois de Ramatuelle, terre d’adoption de l’acteur Gérard Philipe (1922-1959). Depuis 1985 une dizaine de milliers de spectateurs viennent applaudir les musiciens, comédiens et humoristes qui se succèdent chaque soir pendant quinze jours sur la scène du théâtre de Ramatuelle.  Barbara, Charles Trenet, Raymond Devos, Line Renaud, le mime Marceau, Jean Rochefort, Danielle Darrieux, Muriel Robin…en près d’une trentaine d’années  le festival s’est offert une belle brochette d’artistes.

De quoi attirer nombre d’entreprises plutôt enthousiastes pour ajouter leurs logos sur les affiches et brochures promotionnelles. Outre des possibles retombés économiques, le mécénat offre des avantages non négligeables en termes de « réputation, d’image de marque et d’attractivité » selon l’Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial (ADMICAL). Surtout quand il s’agit d’évènements culturels de prestige, susceptibles d’être relayés dans les médias et d’attirer un large public. Ainsi les festivals les plus importants séduisent particulièrement les entreprises, qui peuvent contribuer jusqu’à 50% du budget. Le reste se répartissant entre les fonds apportés par la billetterie et les subventions publiques, chacun représentant environ 25% du budget total.

Jacqueline Franjou, n’a pas attendu que le festival prenne de l’ampleur pour faire appel à elles. Elle-même femme d’entreprise (actuellement vice-présidente du Womens Forum, elle a été, entre autres, directrice à la compagnie maritime SNCM, déléguée générale du groupe de résidences de tourisme MAEVA et conseillère au ministère de l’Industrie), elle a dès le début voulu construire un projet culturel reposant en grande partie sur leurs dons financiers. Les subventions publiques représentent ainsi une faible part dans le budget total – à peine 10 %. « Nous demandons peu de subventions pour éviter d’avoir un commissaire aux comptes, ce qui entraînerait des frais supplémentaires. » explique-t-elle

Les entreprises sont donc sollicitées pour soutenir la moitié du budget du festival de Ramatuelle, la billetterie assurant jusqu’à 45% des apports financiers.

Michel Boujenah, le président du festival, ne serait pas contre une participation plus active du ministère de la culture, notamment pour faire baisser le prix des billets. « A 50-55 euros par spectateurs, on dit que Ramatuelle est trop cher, mais si le ministère nous donnait un million d’euros, je mettrai les places gratuites », dit-il, mi-moqueur, mi-sérieux.

L’Etat est pourtant présent pour financer la culture. Mais face aux difficultés budgétaires et au nombre de projets culturels en besoin de financement (rien que pour les festivals, on en recense 1800 produits chaque année en France), il compte sur les entreprises pour prendre le relais. Depuis une dizaine d’années, l’Etat les encourage dans ce sens. Une loi votée le 1e août 2003 leur offre des dispositions fiscales avantageuses. En 2005, c’est une charte qui est votée entre le ministre de la culture et le président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie pour développer le mécénat de proximité dans les régions. D’une durée de trois ans, elle a été renouvelée en 2010.

Le mécénat d’entreprise a dès lors connu un rapide développement. Et aussi bien pour la culture que pour l’environnement, la solidarité, l’éducation, le sport… Depuis 2005, ADMICAL publie tous les deux ans, en collaboration avec le CSA, une enquête sur le mécénat d’entreprise. Selon cette enquête, 43% des entreprises de plus de 200 salariées pratiquent le mécénat en 2010, contre 28% en 2008 et 18% en 2005. Le montant total des aides financières consacrées au mécénat a doublé, passant d’un milliard en 2005 à deux milliards d’euros en 2010. Autrefois l’apanage des grandes entreprises, il figure maintenant dans les politiques budgétaires des PME et TPE. En 2010, 85% des entreprises mécènes sont des PME, qui représentent en outre 90% de la population totale des entreprises.

Cet essor n’en est qu’à ses débuts. Pour les festivals, les entreprises seront de plus en plus sollicitées. Selon les travaux du Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz  (CNV)  « la nette augmentation des charges techniques et artistiques et des frais de fonctionnement des structures porteuses de festivals », liée à la « professionnalisation des équipes des festivals au cours des dernières années mais aussi à l’accentuation des contraintes pesant sur les festivals quant au respect de la législation et des règles de sécurité. » pèsera de plus en plus sur les budgets.

Elodie Corvée